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Critik ciné

Dimanche 9 août 2009 7 09 /08 /Août /2009 12:31

Article publié le 28 juillet 2005


A l'occasion de son passage tv sur Canal, je veux vous parler du film Clara et moi, magnifique et intelligent premier film de Arnaud Viard ... c'est pour moi le film de l'année 2004.
Deux acteurs géniaux, Julie Gayet et Julien Boisselier illuminent le film d'une lumière incroyable ...

 

Je vous propose donc une promenade dans ce film de diverses manières ... par quelques scènes, images, dialogues, texte du film et textes de la magnifique bande originale ...
Pour vous mettre en appétit, je me permets de reprendre la critique d'un magazine tv qui, chose très rare, parle du film d'une très belle manière ...
"Une histoire d'amour aussi simple que réussie, qui s'appui sur le charme et l'éclat de son duo d'acteurs. Julie Gayet rayonne, Julien Boisselier s'impose en finesse : tous deux illuminent l'écran et offre de beaux moments"
 

Ces beaux moments, les voici ...
Le film démarre sur Antoine, une séance chez le psy, une analyse fine et drole, le psy finissant par lui demander "pourquoi vous êtes venu me voir ?"
Générique du début du film, une splendide chanson en anglais dont voici la traduction :


The word « Le mot »
Peut être que c’est juste un rêve
Et peut être que je suis encore endormi
Mais rien ne m’a paru aussi réel
J’ai fermé les yeux et espérer
 

Une étoile filante nous a touché tous les deux
Comme nous tombons dans le sable
Jamais je demanderais pourquoi
Parce que dans ma main est ta main
 

Refrain
Je connais le mot
Je sais ce que cela signifie
Pas besoin de mot
Je sais comment le ressentir
 

Un petit rêve
Mon rêve secret
 

Peut être que j’ai juste entendu ta voix
Doucement tu as murmuré mon prénom
Suivi par le plus doux des bruits
Maintenant s’il te plait dis le encore
 

L’étoile filante nous a touché profondément
Je le savais bien depuis le début
Jamais je demanderais pourquoi
Parce que dans mon coeur bat ton cœur
 

Je connais le mot
Je sais ce que cela signifie
Pas besoin de mot
Je sais comment le ressentir
 

Un petit rêve
Mon rêve secret


Lors de ce générique, on voit Antoine marcher dans la rue ... puis le voici dans le métro, le regard perdu ...
Le métro arrive en station, une jeune femme monte et vient s'assoir quasiment en face de lui. Il la regarde ... il baisse la tête et elle le regarde ... puis finalement ces regards qui se cherchaient finisse par se trouver ... il sourit. Lui étant timide, il se demande quel moyen de communication utiliser ...
Elle surveille si sa station de descente arrive ... lui trouve finalement une idée pour communiquer ...
Ce sera ... un dossier papier !! voici ce qu'il écrit ... c'est génial
"Vous voulez prendre un verre avec moi ?
1 - stop
2 - encore
3 - ça va pas non ? t'as vu ta gueule ?
4 - justement, j'allais vous le proposer
"
Et là on se demande vraiment comment elle va réagir ... quelle va être sa réponse et surtout la manière ... puis elle sort un ... bloc notes, elle se prend finalement au jeu, c'est trop génial ... elle écrit cela
"Vous êtes :
1 - muet
2 - timide
3 - les 2 à la fois
4 - dragueur
"
Puis elle pointe son stylo sur la quatrième réponse ...
Il reprend son dossier et écrit "Le 1 ... mais jamais très longtemps" ... sur elle, un magnifique sourire illumine son visage ...
Sa station approche ... elle se lève et donne un bout de papier à Antoine ... il y a son numéro de portable et surtout son prénom ... Clara.

Je trouve cette scène du métro vraiment extraordinaire ... les regards qui s'évitent puis se trouvent ... puis un moyen de communication peu commun avec un humour fin et excellent ... ils se sont rencontrés, c'est LEUR rencontre ... et ils n'ont même pas échangé un seul mot ... incroyable ... magique.




Le lendemain, Antoine a envie d'appeler Clara ... mais l'angoisse du premier coup de téléphone monte ... du coup, il s'entraine ... bien drole
Le soir, ils sont sur un pont au dessus de la Seine ... ils discutent de ce qu'ils font dans leur vie respective, elle est hôtesse dans le TGV, il est comédien ... Antoine précise qu'il a une idée de livre, il commence à l'exposer puis s'arrête ... il demande qu'est ce qu'il y a ... Clara, rayonnante, lui répond "rien" en le fixant du regard ... juste un mot ... mais quelle douceur dans celui-ci.
 

Puis, petit délire, Clara lui exprime une envie de ... danser
Ils entament une chanson qui colle très bien au film, voici le texte ...

Ma rencontre
Clara
"Si je te rencontrais au coin de la rue
Je me dirais : "J'ai de la chance,
Il me semble bien le connaitre de vue
J'aime ce garçon, cette élégance
"
 

Antoine
Si je te rencontrais au coin de la rue
Je me dirais : "Quelle évidence !"
Comme un miroir, oui, tant attendu
Et qui me donne confiance


Clara
Si je te rencontrais au coin de la rue
Je te dirais ... "On danse ?"
Et dans tes bras, oui, bien entendu
J'abandonnerais mes défenses


Clara
Si je te rencontrais au coin de la rue
Je sentirais cette ressemblance


Antoine
S'il ne s'agit pas d'un malentendu
C'est que l'on s'est reconnu


Antoine et Clara
Si l'on se rencontrait au coin de la rue
Ce serait charmant ...
Intéressant ...
Bouleversant ...
Fascinant ..."


Ils passent la nuit ensemble ... mais le matin, il est seul car elle a dû partir travailler tôt ... elle lui a écrit une petite lettre qu'il trouve sur la table de la cuisine ...
Clara lui écrit ceci :
"Bonjour
J'espère qu tu as bien dormi
Merci pour tout
J'ai peu dormi mais tellement bien
Appelle quand t'en a envie si tu as en envie
J'espère que t'en auras envie, que ce sera rapide
Je t'embrasse
Clara
 

Ah j'ai voulu me faire un café
Ta cafetière est en panne
Impossible de trouver une casserole
Je sais pas comment tu fais ..."

Il relit cette lettre une seconde fois comme il la relirait des millions de fois ... quand on est amoureux, on relirait les mots de l'élue de son coeur ... pour s'en imprégner, pour qu'ils soient encore plus près de soi ... pour être encore plus près d'elle ...
Et si vous saviez comment il fait finalement son café, c'est excellent ... je vous laisse voir ça
 

Au café, petite scène entre amis ...



Clara revient de son travail ... elle se dévet légèrement et montre à Antoine un tatouage qu'elle s'est fait faire dans le bas du dos ...
Sans jamais tomber dans le sexuel, le torride, je trouve que le réalisateur Arnaud Viard filme les corps avec grâce et délicatesse ... le plus touchant étant en fait que c'est filmé avec vérité, avec naturel ... grande beauté visuelle
 

Petit délire lorsque Antoine passe un casting ... sur une musique, il a une façon de danser ... bien à lui ... c'est bien drôle.

Clara et Antoine se donnent rendez vous dans un parc ... ils se rencontrent puis se crééent des personnages ... c'est toujours en finesse, on sent vraiment l'amour les porter, les faire ... s'envoler
Une chose ressort de cette scène, c'est l'image ... le réalisateur l'a filmée avec de très belles couleurs, tout parait ensoleillé ... comme leur amour.
Julie Gayet est tellement belle, rayonnante, lumineuse dans cette scène ... c'est surnaturel ...
 

Dans le métro, petits jeux d'amoureux sur une belle et délicate musique, cette musique qui toujours, tout au long du film, en parfaite adéquation avec le film ... le complète de belle façon et lui rajoute cette atmosphère si particulière ...


Sur le lit, une conversation commence ... Clara lui dit qu'elle a de nouveau envie de faire l'amour ... Antoine lui répond de patienter 2 minutes ... s'en suit une réflexion sur l'âge d'Antoine, 33 ans ...
Je trouve ça écrit d'une manière exceptionnelle ... grande finesse
Antoine
"C'est marrant quand je suis avec les comédiens, j'ai l'impression d'être un gamin style quatorze ans.
Et quand je suis avec des gens normaux, qui travaillent, j'ai l'impression d'avoir 40 ans
."
Clara
"14 - 18, 39 - 40 tu as un peu le cul entre deux guerres"
Antoine
"C'est un peu ça mon problème ... en plus il y a des fois je suis 1815 ... des fois je suis 1515"
Clara
"Tu pourrais être un peu plus 1789 ..."
Antoine
"Pour moi, tu es 1492 ..."



A nouveau un petit délire ... Clara enregistre des messages de téléphone rose, c'est sûr qu'à 1000 euros la demi journée d'enregistrement, ça aide ...
 

Ils décident tous les deux de faire le test du sida ... le jour du résultat, ils vont voir chacun un médecin différent ... Antoine ressort, Clara n'est pas là ... il s'assoit et attend ... elle sort finalement, son visage a changé, un brin de gravité apparait ... elle finit par pleurer.
Ils se donnent rendez vous dans un café ... Clara est complètement habillée en noir, son beau visage est devenu plus blanc ... elle est séropositive ...
Antoine n'arrive pas à accepter sa maladie ... ils se séparent
Contrairement à la scène du parc qui était ensoleillée, pleine de couleurs, symbolisant leur grand amour ... cette scène du café est grise, terne, des couleurs noires et cette fois ci, ça symbolise la fin de leur amour ...
Clara sort du café et marche dans la rue ... elle semble seule dans la ville ... perdue.
 

Solitude ...

 

Scène dans une voiture avec une de ses ex ... Antoine exprime le fait qu'il n'accepte la maladie de Clara, si c'était la femme de sa vie, il accepterait ça ... mais Clara est elle la femme de sa vie ? Antoine ne sait répondre à cette question ... pour l'instant.
 

La maladie n'est pas exposée dans ce film, elle sert plutôt de prétexte, d'obstacle pour voir comment le couple va surmonter ça ...
 

Clara rencontre un docteur qu'elle connaissait auparavant, on sent qu'elle retrouve un peu de lumière sur son visage ... un peu de vie ... un peu.
Antoine va passer une soirée avec une amie du café ... mais ça ne va trop bien se passer ... il y a notamment une conversation sur la famille comme quoi on ne peut pas la zapper ... ce qui fera penser à Antoine qu'il pourrait essayer se reconcilier avec son père.
Voyage et rencontre avec le père d'Antoine, dans la conversation, le sujet de la femme de sa vie revient ... son père lui parle de son amour pour sa mère, comment il a ressenti cet amour lorsqu'il est parti quelques mois loin d'elle ...
Antoine va commencer à "ouvrir" les yeux face à la situation ...
 

Le père d'Antoine donne un livre à son fils en lui disant qu'un livre peut aider ... le père en lit un extrait (en voix off). Cet extrait veut exprimer des choses : que l'on peut écrire son histoire, sa vie, faire des choix mais pour cela, il faut aussi avoir vécu les choses de la vie bonnes ou mauvaises, celles qui nous font évoluer et prendre les bonnes directions ... pour pouvoir faire enfin de bons jugements et les meilleurs choix dans la vie.
Voici cet extrait ...
"Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s'ouvrant le matin.
Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres innatendues, à des départs que l'on voyait longtemps approcher, à des jours d'enfance dont le mystère ne s'est pas encore éclairci, à ses parents qu'il fallait qu'on froissât lorsqu'ils vous apportaient une joie et qu'on ne la comprenait pas (c'était une joie faîte pour un autre), à des maladies d'enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyages qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles, et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela.
Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d'amour, dont aucune ne ressemblait à l'autre, de cris de femmes hurlant en mal d'enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient.
Il faut encore avoir été auprès des mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups.
Et il ne suffit même pas d'avoir des souvenirs.
Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d'attendre qu'ils reviennent. Car les souvenirs eux-mêmes ne sont pas encore cela.
Ce n'est que lorsqu'ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu'ils n'ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n'est qu'alors qu'il peut arriver qu'en une heure très rare, du milieu d'eux, se lève le premier mot d'un vers
."
 

Antoine est dans la ville ... dans le même endroit où a eu lieu leur premier rendez vous ... son regard cherche, son regard espère ... il espère tellement ... espère ne serait-ce qu'un instant recroiser le regard, les yeux de Clara.
Antoine se rend finalement à l'appartement de Clara ... la fin (que je ne dis pas) est un peu surprenante mais elle a le mérite de ne pas tomber dans le cliché, une fin originale ...
 

Quelques critiques précisées sur l'arrière du dvd, elles expriment si magnifiquement ce film ...
"L'âme soeur existe, Arnaud Viard l'a révélée dans les yeux d'un couple d'acteurs sidérants de justesse"
Ciné live
"Arnaud Viard touche à l'essence de chaque sentiment"
Première
"Magnifique, poétique, touchant et drôle ... un petit bijou"
Questions de femmes
 

Voila ... j'espère que ce voyage dans le film Clara et moi vous aura plu, si cela vous a donné envie de le voir, j'en serais très heureux car ce film le mérite énormément.
Ce film est une si vraie et si pure merveille ...

Par feel4ya - Publié dans : Critik ciné - Communauté : Webzine cinéma
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Samedi 8 août 2009 6 08 /08 /Août /2009 20:01

Article publié le 25 novembre 2007

 

 

résumé ...

Dans les rues de Dublin, deux âmes seules se rencontrent autour de leur passion, la musique... Il sort d'une rupture douloureuse. Elle est mariée à un homme qu'elle n'aime plus. Dans un monde idéal, ils seraient fait l'un pour l'autre. Ensemble, ils vont accomplir leur rêve de musique.

Petit cinéphile que je suis, ce petit film irlandais Once avait de quoi susciter un peu de ma curiosité ... puis de nombreux prix sont venus récompenser ce film (aux festivals de Sundance et de Dublin notamment) et l'on commence à se demander comment ce film aux moyens très limités (100 000 €) et au tournage expédié (2 semaines) peut-il obtenir un tel résultat ... et quand, au final, c'est grand maitre Spielberg himself qui offre sans doute la plus belle des récompenses au film en déclarant "Un petit film Once m'a donné assez d'inspiration pour tout le reste de l'année" ... comme dirait l'autre, ça calme et façon puissante encore en plus ...

Alors, comment ne pas voir ce film ?

De plus, mon ciné préféré a la bonne idée de proposer le film en version originale donc séance obligatoire ...


Lui
, il est irlandais, c'est Glen Harsard, il est réparateur d'aspirateur mais bon, c'est pas très joyeux loin de là ... il a envie de reprendre sa passion, d'écrire et de composer à nouveau, de revenir à la musique ... donc en dehors de ses heures de boulot, il part chanter dans les rues jusqu'au soir

Elle, elle est tchèque, c'est Markéta Irgolvà, elle est vendeuse de roses rouges (quel joli bouquet me direz-vous) dans les rues de Dublin.

Il est dans les rues avec sa guitare, des titres plus connus dans la journée pour attirer du monde ... puis le soir, il ose jouer ses chansons personnelles ... elle passe par là et l'écoute ...

 

Un premier point qui se remarque dans ce début de film, c'est que le réalisateur et scénariste John Carney filme avec un grand naturel, pas d'effet et pas de lumières supplémentaires, juste l'image ... simple mais magnifiquement efficace ... vraiment naturel et plein de vérité ...

Elle et Lui se recroisent dans la rue ... font petit à petit connaissance ... à un moment, elle lui demande de réparer son aspirateur et cela donne quelques scènes un brin surréaliste et assez drôle, celles de 2 personnes se promenant dans les rues avec un aspirateur roulant juste derrière eux :-)

 

Lui est guitariste mais Elle aspire à être pianiste ... elle y joue de temps en temps dans un magasin de musique. Ils y vont finalement ensemble, Elle s'installe au piano et Lui propose de jouer une de ses chansons et de l'accompagner à la guitare. Elle ne connait pas la chanson, elle essaie de trouver les notes justes, assez maladroitement au départ, puis, doucement, de façon très subtile, Elle se met à la hauteur de Lui ... et finissent par nous offrir une bien belle chanson. Comme 2 personnes qui vont former un couple, ce sont de petites choses qui vont les réunir ... ici c'est la musique qui réussit ce miracle, un piano qui rejoint délicatement et subtilement une guitare pour former un ensemble merveilleux qui s'élève dans les airs ... transporté par l'émotion de la musique et des textes excellents ... superbe

 

Scène au fond d'un bus ... Lui sort d'une séparation sentimentale et Elle lui demande d'en parler ... il improvise rapidement et sort une chanson en guise de réponse ... des choses assez dures auxquelles la musique y apporte une délicate dose de légereté ... j'ai vraiment adoré cette scène car j'aime vraiment faire ça également, exprimer les mauvaises et les belles choses, aussi bien dans la joie que dans la tristesse que dans la joie et mettre tout ça en musique ... avec poésie, délicatesse, subtilité ... la musique est une merveille.

 

Elle lui demande ensuite si il a envie de revoir son ex ... il répond cette fois-ci par une petite chanson plus énervée ... ponctuée par plusieurs F*** ... le délire est très bon :-)

Cette scène exprime de la plus belle des manières ce que voulait le réalisateur ... "J'ai toujours pensé qu'un morceau de musique de deux minutes peut s'avérer tout aussi puissant qu'une conversation d'une journée" ... et c'est tellement, mais tellement vrai je trouve, la musique a cette puissance là.

 

Reproche de forme sur cette version originale sous-titrée ... certaines chansons profitent de sous-titres et d'autres pas ... c'est à peine croyable tant l'émotion passe par la musique mais aussi par les textes superbes, pourquoi ce choix ? ... pour capter toute l'émotion de ce merveilleux film, faut être anglophone ... ce qui en limite sérieusement sa complète accessibilité et c'est vraiment dommage ...




Retour au film en lui-même, dans le plus beau pays d'Europe qu'est l'Irlande (la photo ci-dessus en est une preuve) ... Lui précise qu'il a quelques compositions sans textes et propose finalement à Elle de lui écrire ses paroles ... là aussi toute en subtilité et délicatesse ... les mots "se posent" doucement sur cette mélodie pour ne former plus qu'un ... scène se passant dans la rue où l'on a l'impression que le temps s'est arrêté ... musique magnifique, texte superbe de sensibilité ... encore un moment de grâce dans ce film.

Scène dans un studio pour l'enregistrement des chansons ... les chanteurs (Elle et Lui) et les musiciens s'installent ... mais tout semble aller un peu de travers ... même l'ingénieur du son n'y croit pas vraiment en ces "dingues" qui veulent enregistrer. La chanson démarre lentement puis prends finalement toute sa force, toute sa puissance ... très joli moment où les préjugés de l'ingénieur son tombent et où la musique emporte une nouvelle fois le spectateur ...

Après plusieurs chansons enregistrées, ils font une pause ... Elle se retire dans un coin du studio et tombe sur un piano ... Lui la rejoint et lui demande de jouer une de ses chansons rien qu'à elle ... elle entame une bien belle chanson mais on sent que très progressivement, très subtilement l'émotion monte (le texte parle de son lointain mari) ... et finit par la submerger totalement, elle arrête brutalement de chanter ... encore une scène superbe ... la musique a un pouvoir émotionnel incroyable




Dans ma présentation des 2 personnages au début, je n'ai pas cité le mot acteur ... car effectivement, pour traiter un sujet sur la musique, fallait pas des acteurs mais de vrais musiciens et c'est le cas dans ce film ... les chansons sont écrites et composées par les 2 acteurs principaux ... le réalisateur est également un musicien dans l'âme ... tout cela donne à Once un niveau de justesse, de crédibilité vraiment exceptionnel, magistral.

Les chansons sont superbes ... des fois délicates, des fois beaucoup plus fortes ... elles m'ont fait penser souvent à la puissance émotionnelle du chanteur irlandais Damien Rice qui est pourtant une sacrée référence

L'affiche fait, elle aussi, dans la finesse ... les 2 personnages principaux "marchant" sur le même instrument, suivant les cordes comme route toute tracée ... le bout de la guitare laissant présager de la fin ... vraiment excellent. Elle précise "Certaines rencontres vous marquent toute une vie" ... je confirme, rencontrer le film Once vous marquera longtemps ...

Leur amour physique et sentimental ne s'est finalement jamais concrétisé ... par contre leur amour musical a atteint, lui, des sommets ... voire même le paradis.


Délicat, subtile, naturel, sensible, musique d'une rare finesse ... de superbes émotions ... de très beaux moments de grâce ... une merveille ... Once, élu film de l'année 2007 par feel4ya.

Par feel4ya - Publié dans : Critik ciné - Communauté : Webzine cinéma
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Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /Août /2009 14:59

Article publié le 25 novembre 2007



résumé ...

En pleine nuit, au milieu d'un champ d'éoliennes, deux informaticiens au chômage renversent un homme surgi de nulle part. A ses côtés, un sac rempli de billets : deux millions d'euros, là, à portée de main et aucun témoin. Que faire ? Appeler la police ou profiter de l'occasion ?
Le lendemain, dans un entrepôt à quelques mètres des lieux de l'accident, la police retrouve le corps de Mélodie, une fillette aveugle. Et si l'argent était destiné à payer sa rançon ? L'assassin a-t-il vu les chauffards ?
Le soir même, une autre enfant est kidnappée. Diabétique cette fois. Ses heures sont comptées. A l'hôtel de police de Dunkerque, le compte à rebours est lancé. Aux côtés du lieutenant Moreno, un collègue très prévenant, Lucie, une jeune brigadier de 26 ans, participe à sa première enquête.
Et curieusement, au sein du groupe crime, on a vite le sentiment que Lucie n'est pas là par hasard ...

Le casting de ce film La chambre des morts réunit 4 jeunes talents sans doute les plus prometteurs du cinéma français ... oui mais ... on part voir ce film avec la crainte tout de même de la jeunesse du film et surtout de revoir tous les clichés habituels du cinéma noir ... est-ce finalement le cas ?



Un film noir se résume souvent dans sa direction unique ... celle de l'ultra-violence, de la froideur, de la bestialité aussi bien physique que sexuelle ... on entre dans La chambre des morts et l'on s'aperçoit très rapidement que ce film ne répond pas à tous les codes du genre ... ce point peut malheureusement entrainer une déduction trop rapide, celle d'un film à moitié réussi ... mais à quoi bon voir un film dont toutes les scènes sont attendues ? pas trop d'intérêt ...



Effectivement La chambre des morts ne réponds pas à tous les codes du film noir et c'est une très bonne chose, il sait se les approprier et les faire évoluer, je trouve, de façon intelligente.

La violence ... elle est clairement présente dans ce film (interdiction -12 ans) mais pas totalement, Mélanie Laurent a souhaité ajouter l'humanité, la sensibilité de son rôle de jeune mère de famille ... et finalement l'idée est très bonne, cela donne un superbe équilibre au film ... pas tout noir, plutôt gris ...

Le sexe ... il y en a également mais on sent bien que la caméra d'Alfred Lot s'impose une certaine pudeur ... en fesant plus dans la suggestion que dans le corps à corps bestial, le réalisateur présente cela avec une certaine classe ... voire avec un coté surprenant, la scène de Mélanie Laurent en train de se toucher sous la douche tenant de l'hallucination ...

Le scénario ... celui-ci est une vraie réussite, Alfred Lot nous emmène dans une histoire très bien écrite, une évolution chronologique des évènements intelligente et qui sait nous amener des indices de façon subtile et savamment dosés ... jusqu'à un excellent final nous expliquant que le personnage de Mélanie n'est effectivement pas là par hasard (allusion au résumé ci-dessus). Un point génial de ce scénario, c'est celui de nous faire douter de tous ses personnages, ils ont tous une part d'inexpliqué, d'étrange, de mystérieux (une main, un souffle, un bruit, une porte) ... et même son héroïne principale (Mélanie Laurent) est dans ce cas-là ... franchement BRAVO pour une telle qualité et une telle richesse d'écriture pour un 1er film ... respect.

Comme je le disait en intro ... Mélanie Laurent, Eric Caravaca, Gilles Lellouche, Jonathan Zaccaï sont, pour moi, les 4 jeunes talents les plus prometteurs du cinéma français et si vous en doutez encore, courrez voir ce film qui mettra tout le monde d'accord. Aidés par une scénario intelligent qui ne laisse rien au hasard, même et surtout pas ses personnages secondaires, le quatuor nous livre une très bonne prestation. Le duo d'amis (Gilles Lellouche et Jonathan Zaccaï) nous entraine dans une descente aux enfers où le plus violent n'est pas forcément celui que l'on croit ... avec grand talent, Gilles est impressionnant par sa froideur par rapport à la situation et sa sensibilité vis à vis de sa femme et son enfant ... bravo.

Les méchants ... souvent traité avec de la violence masculine de très haut niveau dans le cinéma actuel, le film prend ici le choix très judicieux de proposer un "couple" de tueuses ... et le résultat est prenant : une violence féminine et des traumas psychologiques de l'enfance finement traités

La réalisation ... j'avoue que c'est la claque quand on sait que Alfred Lot nous propose ici son tout 1er film, ça calme ... une pellicule grise et légèrement granuleuse nous met dans l'atmosphère ... mais surtout sa caméra, on aurait pu s'attendre à des plans tout à fait classiques mais non, certains plans (la scène de fin notamment) révèlent déjà des mouvements de caméra déjà très bien étudiés ... très prometteur pour la suite

La bande originale ... et je dois admettre que c'est plutôt rare car c'est une vraie surprise ... très bonne b.o fort bien adaptée aux scènes (lentes ou rapides) et qui contribue de belle manière à renforcer cette atmosphère étrange ... sincèrement et carrément une des toutes meilleures b.o de cette année 2007 que j'ai pu entendre ... bravo Monsieur Nathaniel Mechaly.





Pour finir, Mélanie Laurent, forcément ... j'avais écrit dans ma critique de "Je vais bien, ne t'en fais pas" que la demoiselle était une lumière ... comme la photo ci-dessus le confirme également, Mélanie éclaire de superbe manière cette "chambre des morts", une belle lumière dans un film noir ... parfois touchante (dans son role de maman), parfois brutale (dans son role de flic), elle nous offre encore une magnifique prestation ... et quelle intelligence de carrière de ne pas être rester dans le type de rôle de "Je vais bien ..." et rentrer de fort belle manière dans ce très beau gant noir qu'est La chambre des morts.


Ce film est en fait une très bonne surprise (pour de nombreux points évoqués ci-dessus) et on en sort réjouit ... oui, c'est vraiment réjouissant, très agréable de constater que le cinéma français peut encore nous livrer de très bons films et surtout encore nous ... surprendre. Allez voir ce film car il le mérite vraiment.

Par feel4ya - Publié dans : Critik ciné - Communauté : Webzine cinéma
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Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /Août /2009 11:14

Article publié le 17 novembre 2007



résumé ...

De retour d'Irak pour sa première permission, Mike Deerfield disparaît mystérieusement et est signalé comme déserteur. Son père, Hank - un ancien membre de la Police Militaire - et sa mère Joan se lancent à sa recherche avec le concours d'Emily Sanders, officier de police de la juridiction du Nouveau-Mexique où Mike a été aperçu pour la dernière fois. Face au silence et à l'hostilité croissante des autorités militaires, Hank et Emily soupçonnent bientôt un coup fourré. Les indices troublants s'accumulent, et la vérité sur le séjour en Irak de Deerfield finit par éclater, bouleversant à jamais la vie de Hank et ses croyances ...

Après un magistral et oscarisé 1er film (Collision), Paul Haggis nous livre sa 2ème oeuvre ... Dans la vallée d'Elah

Tout d'abord, quelques détails sur les 2 affiches (originale et française) ... moi qui décriait assez souvent les affiches françaises, je dois admettre qu'il faut saluer celle de ce film pour son courage, les détails sont subtils mais, à mon avis, bien significatifs ...

L'affiche américaine est bien lisse, spécifiquement au niveau du drapeau (valeur sacrée de la culture US) ... eh bien la version française ose avec le drapeau inversé (signification expliquée dans la critique ci-dessous) et surtout celui-ci part en lambeaux (avec le sens que l'on imagine bien ...). Autre point, il y a également l'ombre d'un soldat sur ce drapeau ... et c'est exactement ça, l'ombre de ce soldat, tel un fantôme, plane dans et tout au long de ce film ... une affiche française vraiment excellente car elle représente parfaitement le film, bravo !

L'explication du titre de ce film, elle est en fait donnée dans celui-ci ... la vallée d'Elah était le "théatre" du combat entre David (le plus faible) et Goliath (le plus fort) ... cette critique métaphorique du conflit irakien est certes violente mais réaliste de la situation d'aujourd'hui ... le plus fort n'est pas forcément celui qui gagne ...

 

La guerre du Vietnam (1964-1975) a pourtant laissé de larges blessures morales aux Etats-unis d'Amérique, on dit souvent qu'il faut toujours apprendre de ses erreurs ... et pourtant ... ce pays est de nouveau "empétré" dans un conflit sans fin (Irak) ... avec, déjà, la perte d'environ 4000 de ses soldats ...

De nombreux films ont traité des blessures du Vietnam (certains magistralement comme Full metal jacket (de Stanley Kubrick), Platoon et Né un 4 juillet (de Oliver Stone) et le cultissime Apocalypse now (de Francis Ford Coppola)) ... le 1er film, sur les blessures irakiennes, est maintenant proposé par Paul Haggis (réalisation, scénario, production rien que ça ...) : La vallée d'Elah

 

Un soldat US basé en Irak a disparu ... point de départ d'une histoire qui, l'on pense, va être d'exposer les effets psychologiques de cette guerre sur ce soldat et son entourage. Ce film ne traite finalement pas très bien le sujet ... du point de vue du soldat, on le découvre par ses photos et ses vidéos à la qualité pas terrible, on entre certes dans sa vie mais trop peu dans son esprit, ses peurs, ses émotions ... par contre, du point de vue de ses parents (les excellents Susan Sarandon et Tommy Lee Jones), la psychologie est magnifiquement suggérée, qui ya t-il de pire que la perte d'un enfant ... sans doute rien. Le film a un coté bancal ici je trouve ... l'émotion des parents mais trop peu celle du soldat (pourtant le premier concerné ...)

Pour rentrer dans les détails, le début du film dévoile une petite histoire de drapeau ... vous me direz quoi de plus banal qu'une montée de drapeau devant un batiment ... c'est en fait tout le sens qui apporte le personnage de Tommy Lee Jones qui est assez impressionnant. Le 1er détail est de ne pas mettre le drapeau par terre (signification non précisée par le film car sans doute trop dure ... celle d'un pays à terre), le 2ème est de ne pas fixer le drapeau à l'envers (les étoiles en bas) car cela veut dire que le pays a besoin d'aide, qu'il faut le sauver. Paul Haggis fait ici, d'une scène apparemment anodine, une scène excellente et surtout extrêmement lourde de sens ...

Le film se poursuit, plus sur l'enquête policière menée par les flics (une très bonne Charlize Theron) et le père du soldat (ancien flic) que sur la vie de celui-ci malheureusement ... on a même, certains instants, l'impression que le réalisateur perd le propos de son film lorsque une femme entre dans le poste de police pour une déclaration sur son chien ... l'idée est reprise vers la fin du film pour être un peu mieux (quoique ...) expliquée, celle qui il y a sans doute peu de différences entre un homme et un chien, les 2 ayant un coté animal, seul le 1er a un peu d'humanité ... et encore, des fois, sur certains sujets, ya vraiment de quoi se poser la question si y'en a une ... différence.

Au milieu du film, le fameux soldat est déclaré mort et il est, plus tard, finalement bien vivant ... pour un film se voulant réaliste, je trouve que l'expertise médicale a été bien mal faite ... certes cela permet de créer un rebondissement mais la ficelle voire même la corde est un peu trop grosse pour moi ...




Les acteurs ... les parents du soldat, joués par Susan Sarandon et Tommy Lee Jones, sont vraiments excellents, Tommy est même exceptionnel, toute la détermination d'un père ... en tout cas, les 2 confirment (si besoin est) leur très grand talent d'acteur, vraiment formidables !
Charlize Theron est vraiment excellente et très crédible en femme flic intelligente qui se démène dans cet univers policier macho ... flic et féminine ... dure et sensible ... jolie dualité. Comment parler de Charlize sans écrire sur sa beauté ... pas d'artifices dans ce film, elle vraiment belle car elle donne l'impression d'être tout simplement naturelle ...

La musique ... Mark Isham compose de nouveau la bande originale de ce film ... sympa mais rien de bien transcendant ... assez loin de la merveilleuse b.o de Collision

La réalisation ... le sujet étant réaliste, la caméra de Paul Haggis se veut simple mais c'est pour donner une image un peu "brut de décoffrage" ... rien de bien remarquable cette fois-ci ... simple et efficace

Le scénario fort bien construit (notamment pour expliquer la photo et l'accident) mais le traitement du sujet est lui à moitié réussi (le soldat et surtout sa psychologie aurait pu être traitée beaucoup plus finement ... c'est bien dommage)

 

Je finis ma critique par la scène du drapeau à la fin du film ... la boucle est bouclée ... mais là aussi, la métaphore est violente ... le personnage de Tommy hissant un drapeau fixé à l'envers ... signifiant que les Etats-unis d'Amérique ont besoin d'aide, que le pays doit être sauvé ... conclusion de Paul Haggis qui cogne vraiment très fort, très dure ...

J'en rajouterai même une couche ... le drapeau (le film le précisant à l'image du pays) est en lambeaux et surtout plus bas que d'habitude ... le sol se rapproche ...

Par feel4ya - Publié dans : Critik ciné - Communauté : Webzine cinéma
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 19:03

Article publié le 24 mars 2007

2ème étape de ce voyage ciné, direction l'Espagne ... Pedro Almodovar est vraiment le maitre du cinéma ibérique mais je me suis vraiment plongé dans celui-ci lors de ma découverte de la réalisatrice Isabel Coixet (avec ses 2 merveilles Ma vie sans moi et The secret life of words) ... fort de 6 nominations et 3 récompenses aux Goya 2007 (équivalent espagnol des césars), je me dirige donc vers le cinéma de Daniel Sánchez Arévalo (annoncé comme "Le réalisateur le plus prometteur depuis Almodovar", ça calme !) pour son tout 1er film ...



résumé ...
Jorge, malgré un master de gestion, a dû reprendre le travail de concierge de son père handicapé et s'occuper de lui à plein temps. Son frère ainé, Antonio, est en prison. Natalia, la fille qu'il aime depuis l'enfance, est revenue vivre dans l'immeuble. Son meilleur ami, Israël, passe son temps sur le toit à espionner les voisins découvrant ainsi que son propre père fréquente le salon de massages coquins d'en face. Tout bascule pour Jorge quand Antonio, sorti de prison, lui demande un étrange service : mettre enceinte, à sa place, Paula, sa petite amie restée en prison ...


Azul
, c'est la version française du titre de ce film mais c'est surtout une version bien diminuée qui en réduit déjà les subtilités ... regrettable ... le vrai titre étant "Azul oscuro casi negro" et signifiant "bleu foncé quasiment noir", plus précisément cela symbolise une variation
Comme pour "The secret life of words", l'affiche française est belle mais trop simple ... l'affiche originale est excellente car reflétant parfaitement les multiples facettes de ce film ...

Début du film ... suite à une bêtise, Jorge est poursuivi à pied par son père qui cherche à le réprimander ... la course se finit, Jorge passant par dessus un mur mais son père renonce à en faire de même ... s'en suit une discussion chacun de son coté du mur, on a ici la sensation qu'il existe un mur bien réel entre les deux mais que celui-ci existe aussi de manière plus profonde, plus psychologique ...
Suite à un infarctus, le père de Jorge devient handicapé, son fils doit maintenant s'occuper de lui quasiment toute la journée ... de cette situation en sort des scènes vraies, parfois dures, pleine du dépit du fils devant la tâche à accomplir mais aussi plus fantaisiste, drôle voire même délicat, plein d'attention et d'émotion (superbe scène des visages, le fait de se sentir, de ressentir au plus profond de soi le fait d'être en vie) ... le réalisateur fait sortir là de la plus belle manière ce qu'est la vie bien réelle, aussi bien dans ses mauvais cotés que ses bons


Jorge et son père


Antonio et Paula

On découvre ensuite l'enfer de la prison avec Antonio (le frère de Jorge), celui fait connaissance avec une jolie demoiselle profitant elle aussi de l'univers carcéral, elle s'appelle Paula ... niveau image, lui est le stéreotype même du prisonnier, "armoire à glace" mal rasé et cheveux très courts, elle est très jolie ... malheureusement car elle subit les affres de ses "collègues" féminines, cela ira même jusqu'au "passage à tabac" bien en règle ... aussi bien en prison que dans la vie extérieure, les femmes ne font preuvent de tendresse entre elles que très rarement, bien au contraire et le réalisateur le montre fort bien ici ...
Pour échapper à ce traitement de "faveur", Paula décide d'avoir un enfant avec Antonio pour enfin quitter sa celulle et rejoindre la quartier maternité de la prison ... après plusieurs scènes de sexe (qui tiennent plus de la baise qu'autre chose ...) y compris lors des cours de théatre où ils se sont rencontrés, ils apprennent finalement, après des examens médicaux, que Antonio ne peut avoir d'enfants ...
L'envie de Paula d'avoir d'un enfant étant tellement forte (tenant presque de la névrose à mon avis) et de s'en sortir, elle en parle à Antonio et propose une idée ... celle-ci étant de demander à Jorge de concevoir cet enfant à la place de son frère ... le film rentre là dans son coté dérangeant, voir même écoeurant (comme certaines scènes de Nip tuck savent le provoquer), où l'on sent que l'on franchit les limites de l'éthique, de la morale ...
Jorge finit par accepter de le faire ... de nouveau plusieurs scènes de sexe mais là une vraie différence, Jorge et Paula le font avec tendresse et émotion ... finalement avec amour ...
La suite est certes assez convenue, Jorge se séparant de sa compagne Natalia (la superbe Eva Pallarès, elle est tellement magnifique que j'en suis tombé amoureux ... ;-) et Antonio cassant également avec Paula ... convenu mais en fait bien réel, vraiment humain, plein d'émotion, ce qu'il y a finalement de plus beau ...


Jorge et Natalia


Paula et Jorge

Sur la forme, je ferai le petit reproche au réalisateur de faire un peu trop d'aller-retour entre les 2 situations ci-dessus (entre Jorge et son père, Antonio et Paula), histoire que le spectateur s'accroche, s'imprègne encore plus aux personnages (même si c'est déjà très bien le cas)
Sur la photographie également, celle ci étant souvent assez grise, elle aurait, à mon avis, mérité un peu plus de couleurs ...
Antonio sort finalement de prison ... poussé par son frère Jorge, il va finalement faire ce qu'il s'était toujours refusé d'effectuer, s'occuper de son père (scène de la banque bien drôle) ... ceci est un exemple parmi tant d'autres (notamment demontré par des scènes et des personnages secondaires), c'est que chaque personne présente dans ce film est confrontée à une situation difficile qu'il doit finalement se résoudre à accepter ... une volonté et un optimisme communicatif bien agréable
L'acteur Quim Gutiérrez (Jorge) livre ici une très bonne prestation (récompensée par un Goya) pleine de force mais aussi d'une belle sensibilité, voire même d'une certaine fragilité ... belle composition également de Hector Colomé (le père de Jorge) dans son rôle d'un handicapé dont l'esprit est assez souvent parti et irréaliste ... peut être pas autant que l'on croit vu la dureté et la froideur de sa dernière scène (que je ne préciserais pas)


Azul
est intelligent, nouveau, surprenant, intriguant, touchant, dérangeant, grave, drôle, vrai, optimiste ... film aux multiples émotions, même si certaines d'entre elles auraient mérité un traitement avec un peu plus d'intensité, Daniel Sánchez Arévalo signe un excellent 1er film plein de vérité ... très prometteur pour la suite ...

 

Par feel4ya - Publié dans : Critik ciné - Communauté : Webzine cinéma
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